Présentation du bassin des Carmes de Sainte-Anne-d’Auray et de son système hydraulique

Situé au nord du Mémorial, le bassin des Carmes fait partie intégrante du paysage historique et spirituel de Sainte-Anne-d’Auray. Ce site, datant du XVIIᵉ siècle, est inscrit au titre des Monuments historiques. Le bassin occupe une place particulière au sein du parc de la basilique, tant pour ses valeurs patrimoniale et paysagée que pour son rôle écologique et hydraulique.

Un ensemble hydraulique structuré en deux bassins

Le site est constitué de deux bassins distincts, amont et aval, pour une surface totale d’environ 2 150 m². Ces bassins sont alimentés par un ruisseau. Ils recueillent les eaux pluviales du centre-bourg et du sanctuaire. Plus loin en aval, les eaux rejoignent la rivière du Loc’h qui terminent leurs courses dans la rivière d’Auray à St Goustan. Cette configuration en fait un point de régulation important pour l’écoulement des eaux autour du sanctuaire.

  •  Le bassin amont : il s’est progressivement envasé et accueille une végétation typique des zones humides, signe d’une transformation écologique spontanée.
  • Le bassin aval : il ne reste en eau qu’en période hivernale, conséquence
    directe de l’envasement et de la dégradation des berges et des ouvrages
    maçonnés.

L’ensemble est dominé par un ancien pont dit “romain”, élément pittoresque et symbolique, assurant la liaison entre le sanctuaire et le site de Pont-er-Groah.

Un patrimoine hydraulique dégradé mais essentiel

Les études récentes ont montré un fort envasement, une dégradation des maçonneries et l’implantation d’arbres dont les racines fragilisent les berges et les ouvrages. Ce système hydraulique, servant également à l’origine de vivier à poissons, se trouve aujourd’hui en déséquilibre.

Outre son rôle écologique, le bassin est également identifié comme un réservoir potentiel pour la défense incendie de la basilique. Les analyses du Service Départemental d’Incendie et de Secours ont mis en évidence une carence en eau, d’où l’importance stratégique de restaurer ce point d’eau.

Un vaste projet de restauration

Face à ces constats, un programme de restauration générale a été validé par l’Association Immobilière Morbihannaise – propriétaire du site – et les autorités environnementales et patrimoniales de l’État. Il comprend :

  • La remise en eau du bassin aval,
  • Un aménagement écologique du bassin amont,
  • La réfection complète des berges et ouvrages maçonnés,
  • La gestion des arbres et espaces verts,
  • La création d’une plateforme d’aspiration pour les secours,
  • L’amélioration des ouvrages d’évacuation et la mise en place d’un seuil de régulation au niveau du pont.

Ce chantier s’inscrit dans une démarche ambitieuse de restauration et de valorisation du site de Sainte-Anne-d’Auray. En rétablissant son fonctionnement hydraulique originel, il contribue à la préservation d’un patrimoine paysager et historique majeur tout en renforçant la résilience hydrologique du site. L’ensemble des actions engagées vise à restituer l’identité première du lieu et à garantir son ouverture à tous les publics, dans le respect de ses valeurs écologique, paysagère et patrimoniale. Cette opération constitue ainsi une étape déterminante pour assurer la pérennité et la transmission de ce site remarquable aux générations futures.

 Aquarelle réalisée par Magali Michel

Budget des travaux : 3 000 000 euros TTC
– Désenvasement et traitement des sédiments : 400 000 euros
– Etudes complémentaires, honoraires : 300 000 euros
– Aménagement des abords (mur d’enceinte, réfection des allées arborées) : 500 000 euros
– Restauration patrimoniale des bassins : 1 700 000 euros
– Plateforme d’aspiration et autres équipements : 100 000 euros

Durée des travaux : automne 2026 / été 2028